L’Arménie : attention, beau pays à la dérive

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’entre l’Arménie et nous, cela a mal commencé. 

A la frontière d’abord, le douanier nous impose de payer une « taxe écologique » qui sort de nulle part. Puis, et surtout, 5 kilomètres après la frontière, une voiture de police nous arrête et nous demande notre assurance. Nous sortons fièrement le certificat de la Maif attestant que nous sommes couverts en Arménie. Les policiers ne veulent rien savoir : selon eux, les assurances internationales ne fonctionnent pas en Arménie, il faut à tout prix avoir une assurance locale. Ils nous annoncent alors très sérieusement que nous sommes en infraction avec la loi arménienne et que nous devons leur payer 100 000 drams, soit 170 euros (l’équivalent d’un salaire). Nous parlementons. Déjà, nous n’avons aucun dram sur nous, nous venons juste d’arriver, mais surtout nous n’avons pas l’intention de payer une telle somme. Nous alternons dialogue, ton indigné et ton mielleux, finalement le policier se sert dans le portefeuille d’Antoine (oui oui, il s’est servi), dans lequel il y avait 45 euros et a décrété que c’était suffisant. Evidemment, il nous a donné ni reçu, ni récépissé, et l’argent a disparu dans la poche de son pantalon. Bref, l’Arménie est corrompue.

Nous reprenons notre route. Il fait gris, le pays nous paraît gris : une succession de villes moyennes décrépites où tous les bâtiments sont des résurgences communistes au bord de la ruine, des voitures épaves, des policiers dont il faut se méfier, des routes défoncées…


Erevan

Old school!

Parkour version communiste

Néanmoins, cette mauvaise impression ne tarde pas à se dissiper, du moins, à se nuancer.

Nous arrivons à Sevan et visitons un monastère dominant l’immense lac Sevan, entouré de montagnes du sommet desquelles plongent des nuages. La guesthouse conseillée par notre copain Luc est top. 


Lac de Sevan

Le lac vu du monastère

Sevanavank

Nous croisons un hitchiker russe qui nous fait prendre mille photos de lui...

Arrière pays du lac Sevan

Puis nous visitons Erevan, ville embouteillée au possible, mais jolie avec de la jeunesse partout.


La fameuse Cascade d'Erevan

Nous retrouverons ce logo tout au long de notre voyage : "China Aid", les temps changent...

Et une troisième mère patrie (après celles de Kiev et de Tbilissi)...

Surtout, les Arméniens que nous avons rencontrés nous ont marqués. Nombreux sont francophones et adorent la France. Une rencontre nous a particulièrement marqué. Nos hôtes (airbnb ;-) ), chez qui nous avons été lorsque nous avons visité le monastère de Gerhard et le temple de Garni, sont des artistes peintres passionnés et désireux de partager leur passion. Nous avons peint avec eux et sommes repartis avec une de leurs toiles !


Dans l'atelier de l'artiste

Sur la route de Garni

Monastère de Geghard, les Arméniens laissent des mouchoirs "ex voto" sur les arbres, très classe!

Le monastère à moitié troglodyte

Superstition...

Dans le monastère

Chez les peintres

Temple de Garni

Bouffeur de tongues

La route du retour vers Erevan, toujours aussi belle



L'Arménie nous réserve d'autres bonnes surprises.

Nous roulons au milieu de montagnes majestueuses et désertes, absolument superbes. Nous logeons dans une chambre d’hôtes ambiance chalet de montagne qui nous donne envie de découvrir ce pays l’hiver et à ski. Nous partageons un repas avec un vigneron américain passionné, qui nous fait goûter son vin archi naturel né sur les pentes arides arméniennes : une merveille.


Monastère de Kor Virap, au fond le Mont Ararat sous les nuages turcs

Kor Virap

La légende veut qu'un saint ait été fait prisonnier dans ce cachot rempli d'animaux vénéneux, nous essayons!

Vers Aghavnadzor où nous avons rencontré un vigneron américain

Route vers le sud du pays

Près de Tatev

Monastère de Tatev embrumé

Monastère de Tatev

Le brouillard, toujours

Avec quelques percées magnifiques

Finalement, nous n’avons passé que quatre jours en Arménie. Nous avions dès le début prévu de « faire l’impasse » sur ce pays, pour nous réserver du temps pour l’Iran. Néanmoins, nous aurions été prêts à rallonger notre voyage en cas de coup de cœur. Ce sera pour une prochaine fois.

Certes nous avons joué de malchance : nous sommes tombé sur les mauvais flics, au moment où la météo était mauvaise. Néanmoins, ce pays, qui est magnifique et dont la population est charmante, nous semble dans une mauvaise posture… Ainsi, la guerre avec l’Azerbaidjan pour la fixation des frontières n’en finit pas et, de ce fait, l'armée est omniprésente. Aussi, plusieurs infrastructures sont à l'abandon : on voit souvent des usines abandonnées et, deux fois, la grosse route indiquée par la carte et le GPS n'était pas goudronnée...

Notre itinéraire approximatif (nous sommes passés plus près de la frontière azérie au sud du pays, Google totalement à la masse en Arménie)

Nous espérons que ce pays qui a tant à offrir parviendra à se développer. Quant à nous, nous y reviendrons avec plaisir corriger notre jugement !

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