Arrivée en Iran : frontière Arménie Iran en voiture

Nous passons la frontière iranienne le 1er octobre au matin, après avoir passé la nuit à Agarak, ville frontalière arménienne, plutôt glauque mais dans un cadre naturel magnifique : la vallée de l’Araxe. De l’autre côté de la rivière s’élèvent de grandes montagnes arides : c’est l’Iran.

Au fond : l'Iran!

L'Iran depuis Agarak

Panneau en farsi et arménien : très utile pour nous... 

Le passage de la frontière arménienne se fait lentement mais sans souci. Le douanier examine quand même le passeport de Dorothée à la loupe en maugréant : « tout paraît normal mais quelque chose cloche ». Il se déride lorsqu’il commence à expliquer qu’il rêve de s’exiler vers la Suède et d’épouser une Suédoise. Bref, en 1 heure, nous passons.

Nous empruntons alors le pont sur l’Araxe et parcourons un no man’s land d’une centaine de mètres. Devant, une voiture iranienne avec une mère et ses deux filles que l’on voit revêtir leur manteau noir et leur foulard islamiques. Dorothée fait de même. Le routier du poids lourd d’à côté la gratifie d’un sourire approbateur.

Nous voici face aux douaniers iraniens. On s’attendait à des gens effrayants mais à une organisation carrée. C’est tout le contraire : les douaniers sont adorables mais l’organisation calamiteuse. Il faut garer la voiture à un point A, se rendre à un point B pour le contrôle des passeports (interminables car problème informatique), non sans avoir laissé les papiers de la voiture à un point C, récupérer les bagages au point A pour les apporter au point B, récupérer la voiture au point A, se rendre à un point D pour le contrôle douanier, récupérer les papiers de la voiture au point C, tenter de sortir, « ah oui mais il vous manque un coup de tampon », retour à la case C.

Bref, trois heures après nous voici en Iran. Gentiment, les douaniers nous offrent des grenades et du thé pour se faire pardonner. Ce temps d’attente nous permet d’admirer la télévision iranienne qui diffuse d’étranges images de foules d’hommes en noir se fouettant le dos en cadence. A côté, des portraits géants de MM. Khomeini et Khamenei nous fixent, menaçants. Petit tour aux toilettes … à la turque. Nous sommes arrivés en Orient, sans aucun doute.

C’est parti pour l’Iran : nous roulons jusqu’à Tabriz, à environ trois heures de la frontière. La route est magnifique : elle longe l’Araxe, la rivière qui sépare l’Iran de l’Arménie, puis de l’enclave azérie, appelée « Nakhitchevan », en Arménie. De part et d’autre de la rivière, l’ambiance est militaire : des chars, des soldats, des miradors... Ces démonstrations de force paraissent dérisoires face à la beauté des montagnes gigantesques et sauvages qui nous entourent.

Premier pic-nique iranien...

...avec vue!

Nous bifurquons vers le sud, empruntons une autoroute d’excellente qualité (ce qui nous change de l’Arménie), traversons une sorte de désert montagneux de pierres. Au loin une énorme ville apparaît : c’est Tabriz. Arrivés dans la ville, c’est l’effervescence. Des piétons, voitures, motos partout et surtout des attroupements et des embouteillages. On s’approche et on comprend que l’embouteillage vient de ce que des gens arrêtent les automobilistes pour leur distribuer du thé et de la brioche. Plus loin, nous voyons un bœuf mort se faire éviscérer en pleine rue, le sang dégouline dans le caniveau. A côté, un groupe d’hommes marchent en cadence en répétant un mantra en arabe et en se frappant avec un bâton. Partout, les femmes sont en tchador noir (grand drap qui encadre le visage, qui reste visible). Devant les mosquées, des autels sont installés sur lesquels les gens font brûler des bougies.

Mais que se passe-t-il ??

Dans une allée du bazar où des gens distribuent du pain, du thé et des dates, un jeune iranien gratifie Antoine d’un : « welcome to our city ». Nous voyant perdus un peu plus loin, il vient vers Antoine et la discussion s’engage. Lui et son groupe d’amis proposent de nous faire découvrir le centre-ville et de nous expliquer ce qu’il se passe.

C’est ainsi que l’on apprend qu’on fête, ce 30 septembre 2017, Tashura et Ashura, la commémoration du martyr de l’Imam Hossein à Kerbala (dans l’actuel Irak, plus grand lieu saint chiite) qui a été massacré avec ses compagnons et sa famille par les califes sunnites. C’est l’une des fêtes les plus importantes pour les Chiites. La camarade de notre nouveau copain commente : « c’est un peu notre carnaval à nous ». En moins fun, tout de même…

Prière de rue (NB : pas évident de prendre de belles photos discrètement...)

A la télé iranienne, des fidèles en pleurs
Nos nouveaux amis nous conseillent un restaurant pour y manger notre premier kebab (brochette de viande dans du pain azim, rien à voir avec chez nous) d’une longue série.


Bilan de la journée : l’Iran est nettement plus dépaysant que le Caucase et les Iraniens sont trop sympas.

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