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août : nous partons en direction de Kiev. Là encore, les routes sont
anarchiques : l’autoroute paraît moderne, mais comme elle traverse des
villages, il y a parfois des feux, des passages piétons, des carrioles qui
traversent la route, des babouchkas qui vendent des fruits sur la bande d’arrêt
d’urgence… Bref, il faut à tout moment être sur ses gardes.
Nous
arrivons à Kiev dans l’après-midi et retrouvons les cousins Oudin (du côté de
la Maman de Dorothée, pour ceux qui ne maîtrisent pas nos arbres
généalogiques) : Mael et Marie-Eve, en vacances en Ukraine, et Olivier et
Marine, qui habitent à Kiev, qu’ils s’apprêtent à quitter pour le Mexique.
Mael,
Marie-Eve et nous prenons possession de notre Airbnb, situé en plein centre
(mais d’un confort rudimentaire). C’est parti pour la première vraie soirée
ukrainienne : restau géorgien (si bon !) et bar improbable à jazz et
cocktails délicieux.
Le
lendemain : ballades et musée Tchernobyl (il faut prendre l’audioguide,
sinon c’est sans intérêt) : passionnant et déprimant. On y apprend que le
nombre de cancers de la tyroïde est encore aujourd’hui bien plus élevé en
moyenne en Ukraine qu’ailleurs et qu’une zone de la taille du Luxembourg autour
du site est toujours interdite d’accès. On y voit aussi un fœtus de porcelet à
8 pattes pas très ragoutant.
Le
surlendemain est la fête nationale ukrainienne, qui commémore l’indépendance du
pays en 1991. Toutes les rues sont décorées aux couleurs ukrainiennes, bleu et jaune,
les gens ont revêtu leurs chemises brodées et les filles portent des couronnes
de fleurs dans les cheveux.
Sur
Kreshiatik, les Champs Elysées locaux, l’ambiance est martiale. L’armée
ukrainienne défile, le ministre des affaires étrangères fait la revue des
troupes avec un étrange cérémonial qui s’apparente à une prestation de serment
(voir video). De nombreuses délégations étrangères participent au défilé
militaire : américaine, anglaise, polonaise, canadienne, etc. les pays de l’ouest de l’UE
brillent par leur absence. Poroshenko, le président de l’Ukraine, fait un long
discours patriotique et l’hommage aux soldats morts tire quelques larmes aux
babouchkas ayant peut-être perdu un fils.
Haka ukrainien
En ordre!
Kreshiatik, avant la parade
Kreshiatik 2
Maidan
Oui, oui, ça faisait partie du défilé!
Des
canons, chars et tanks sont disposés dans les rues, les enfants les escaladent
et les couples prennent la pose devant eux. Des vendeurs des rues vendent
des drapeaux ukrainiens pour quelques centimes.
Ouais, vive la guerre!
Bref,
l’ambiance est intéressante : ce pays (qui, de toute son histoire, n’a
connu que 30 ans d’indépendance) est fier de son identité et en fait la
démonstration, alors même qu’il vient de perdre la Crimée et que le Donbass est
encore le théâtre de conflits quotidiens.
Nous
poursuivons la journée par une ballade sur le Dniepr qui nous permet d’admirer,
de loin, l’ensemble de monastères Lavra, lieu saint de la religion orthodoxe
ukrainienne et russe, ainsi que l’imposante statue « Rodina Mat’ »,
la mère patrie.
Miam, des bons poissons de Tchernobyl (le Dniepr était utilisé pour refroidir la centrale...)
Rodima Mat'
Lavra
Dernière
soirée à Kiev : nous testons un super restau de cuisine ukrainienne revisitée
puis nous allons dans un bar « hôpital psychiatrique » complétement
perdu et où les serveuses sont en blouse et les shots sont servis dans des
tubes à essai. Nous y faisons une drôle expérience (voir la vidéo). Nous
cherchons à sortir en boite mais nous sommes trop mal habillés pour les
standards kiéviens (seuls les talons aiguilles sont autorisés), nous nous
replions totalement par hasard dans un bar clandestin improbable, à la
décoration ultra classe.
L'entrée de Palata n°6, il faut connaître!
Ambiance médicale
Bar clandestin, impossible à trouver sans tomber sur un ukrainien sympa!
Le lendemain, haut les cœurs, il faut prendre
la route pour Odessa !
Après ces journées passées à vivre comme des fermiers géorgiens, nous sommes à la recherche d’un peu de confort et de modernité. Batumi nous semble être la ville idéale pour cela. Située au sud du pays, près de la frontière turque, Batumi est la nouvelle station balnéaire à la mode depuis la perte des plages d’Abkhazie. (L’Abkhazie est une région du nord de la Géorgie ayant fait sécession, avec l’aide du Kremlin, dans les années 1990). Après quelques heures de route sous des trombes d’eau, nous arrivons à Batumi, ville située sur la côte et entourée de hautes collines verdoyantes. Cette ville est une sorte de Dubaï à la géorgienne : le centre historique est joli et bien mis en valeur et côtoie d’improbables tours futuristes tout à fait réussies. La mer n’est pas extraordinaire, la plage est en galets et l’eau est polluée en raison de la proximité d’un port commercial. Les vagues sont parfois extraordinaires, voire extraordinairement dangereuses (un shore break ravageur). ...
Voilà une semaine que nous sommes en Iran. Il est largement temps de nous atteler au circuit qu’emprunte tout bon touriste en Iran : direction l’Iran central, s’arrêter à Kashan, Yazd, pousser jusqu’à Chiraz et Persépolis, remonter en passant par Ispahan. Nous voilà donc partis plein sud. En chemin, nous nous arrêtons d’abord à la mosquée/mausolée de Khomeiny, le père de la révolution iranienne et guide suprême, remplacé à sa mort par Khamenei. En Iran, les portrait de Khomeiny (qui ressemble vaguement à Sean Connnery, l’air fâché) et de Khamenei (et ses lunettes de myope) sont partout : dans les administrations, les cafés, les boutiques… Ce mausolée vient confirmer, si besoin était, l’admiration, voire le culte, dont Khomeiny fait l’objet. Mausolée de Khomeini Nous nous arrêtons ensuite à Qôm, une ville sacrée puisqu’elle abrite l’un des plus grands lieux de pèlerinage chiite : le tombeau de Fatima, la fille du septième Imam du chiisme et ...
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