Ukraine partie 1 : la frontière Pologne Ukraine en voiture

Pas de nouvelle, bonne nouvelle. Si nous avons tardé à écrire la suite de ce blog, c’est parce que nous avons été très occupés en Ukraine ! Voici donc la suite de notre périple.

Lundi 21 août, moisiversaire de mariage, nous nous levons aussi tôt que possible (donc pas tant que ça) à Rzescow (qui se prononce toujours rjéchouff), pour nous diriger vers la frontière ukrainienne, que nous passons entre la ville polonaise de Korscuva et la ville ukrainienne de Krakovets.
Rzescow (prononcez rjéchouff donc)
Nous ne sommes pas très sereins : cette frontière est connue pour être très aléatoire, les temps d’attente très longs et les douaniers ukrainiens seraient prêts à monnayer des coupe-files à des prix exorbitants… Corruption, quand tu nous tiens ! En plus, nous avons une voiture pleine à ras bords de valises, matériels de camping et autre, de quoi donner à ces douaniers des envies de fouilles approfondies et donc des moyens de pression.

Concrètement, nous devons passer deux postes frontières : le poste polonais et le poste ukrainien. Et subir deux contrôles (donc 4) : le contrôle des passeports et le contrôle des douanes. Nous autres citoyens de l’UE, habitués à voyager en avion, avons oublié ce que cela signifie que de passer une frontière terrestre…

Nous empruntons donc une autoroute flambant neuve (avec des murs anti bruits tout le long !) complètement vide qui s’arrête net au poste frontière polonais où attendent déjà plusieurs voitures et poids lourds. Puisque nous n’avons rien à déclarer et que nous sommes dotés d’un passeport UE, nous dépassons plusieurs dizaines d’entre elles, c’est déjà ça de pris !

Commence alors une petite attente de 30 minutes – 1 heure. Autour de nous attendent quantités de Lada et autres vieilleries, qu’on ne croise quasiment plus en Pologne. Les douaniers polonais font passer les voitures trois par trois. Quand arrive notre tour, un douanier prend nos passeports et les emmène dans un bâtiment (sans doute pour les scanner et vérifier que nous ne sommes pas « fichés ») tandis qu’un autre douanier examine notre voiture. Il demande l’ouverture du coffre et du capot, regarde le tout d’un regard soupçonneux et, sans doute découragé par notre amas d’affaires (et mis en confiance par nos bonnes têtes de pigeons occidentaux), nous laisse passer.

Zone d'attente polonaise

Vient alors le côté ukrainien. Le poste est moins beau, les bâtiments plus décrépis et les douaniers moins affables. En plus, il fait subitement gris. Un militaire et sa kalachnikov nous attendent pour nous tendre un petit coupon sur lequel il indique le numéro de plaque de la Dacia. Les passagers des voitures ont l’air prêts à attendre : ils bouquinent, discutent, partagent un café… Antoine réclame d’aller aux toilettes, on lui intime l’ordre d’attendre d’avoir passé la frontière !

Le passage est moins organisé qu’en Pologne, les voitures passent par paquet de 4 ou 5 pour subir le contrôle douanier.

Quand vient notre tour, aucun douanier ne paraît s’intéresser à nous alors que les voitures derrière nous peuvent partir. On s’inquiète un peu : auraient-ils des soupçons sur l’origine de la voiture ? Ont-ils décidés de martyriser les deux petits Français qui se sont risqués jusque chez eux ? Finalement un douanier nous explique qu’il faut passer le « passport control » avant le « custom control » et que, pour le « passport control », il faut se présenter spontanément à une cabine (genre caisse de station service) sans attendre d’y être invité (pendant que la voiture est garée dans la file d’attente). Nous ne le savions pas et y avons laissé nos passeports et la carte grise un peu tard, ce qui explique que les voitures ayant fait, dans l’ordre, le « passport control » et le « custom control » nous aient dépassés.

En plus du tampon sur le passeport, les douaniers tamponnent le coupon donné par le militaire à l’entrée. Il faut donc bien que les deux tampons : « passeport control » et « custom control » soient apposés sur le coupon pour que le militaire à la sortie puisse nous laisser partir.

Finalement, une dame très affable vient nous rendre nos passeports et nous souhaiter bon voyage. Nous pouvons partir, sans que la voiture ait été fouillée : décidément, notre Dacia n’intéresse personne !


Bilan : il est 11 heures, le passage nous a pris 2 heures en tout et pour tout. C’est très raisonnable. En quittant le poste frontière, nous voyons une file ininterrompue de voitures à l’arrêt (sur au moins 1500 m) qui patientent pour passer la frontière en direction de la Pologne. Car bien sûr, il est plus simple de sortir de l’UE que d’y rentrer !

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