Ukraine -> Géorgie : l’arrivée


Jeudi 31 juillet, nous voilà en approche des côtes géorgiennes ! Nous les guettons à l’horizon sans les voir, mais nos téléphones ont, eux, déjà capté le réseau géorgien et Sosh nous envoie son fameux « bienvenue en Géorgie ». C’est ça le 21e siècle : être informé par son téléphone de ce qui se passe autour de soi.

Nous arrivons à l’entrée du port avec quelques heures de retard autour de 18h. Cela n’a pas l’air de réjouir le barman qui nous explique que, si la mer est trop forte, il y a un risque que nous passions une nuit de plus sur le bateau. Et comme c’est lui qui gère les camionneurs bourrés, on comprend que la perspective d’une troisième nuit en leur compagnie le déprime.

Observez l'élégance du routier ukrainien: crocs + survet + marcel + mullet

Finalement, notre bateau commence sa manœuvre et, aidé du pilote (oui il y a un lien wikipedia pour les personnes qui, comme Dorothée, ignorent ce qu'est un pilote pour les bateaux!) et de deux remorqueurs, opère un adroit demi-tour. Le bateau se range le long d’un quai pendant que nous admirons le port de Poti : beaucoup plus petit que Tchernomorsk mais non moins pollué, constellé de cheminées, avec des bateaux de toute taille, mais également vieux. L’air est lourd, chaud et humide, sans que l’on sache si la chaleur vient du climat, de la pollution ou d’un doux mélange des deux.

Le bateau du pilote en approche


Accostage du pilote
Gros remorqueur

Port de Poti

Petit remorqueur

Camion "scan" de la douane, estampillé "China Aid" (les temps changent)

Nord du port de Poti

Nos camionneurs, entassés sur le pont, paraissent émus par cette vision apocalyptico-industrielle et il vient la larme à l’œil de ces gros bourrus à l’idée d’être de retour chez eux.

Quant à nous, nous ramassons nos nombreuses affaires (de peur de mourir de faim, de soif et d’ennui, nous avions apporté en cabine quantité d’eau, de nourriture et de livres), ce qui nous vaut quelques regards amusés.

S’ensuit une longue attente sans trop d’explication puis nous comprenons que les policiers géorgiens se sont installés dans notre bar pour boire, euh non, pour contrôler les passeports.

Quand vient notre tour, nous allons montrer nos passeports à deux gentils douaniers en uniforme qui s’amusent beaucoup à contempler nos multiples visas. Quand ils comprennent que nous voyageons en voiture, ils demeurent perplexes face à notre carte grise (qui, visiblement, ne répond à aucun standard international). Ils appellent leurs copains au téléphone (ou le ministère ?), palabrent en géorgien pendant de nombreuses minutes (ce qui nous permet de constater que le géorgien ne ressemble absolument à rien), s’engueulent vertement pendant que, déconfits, nous patientons dans un coin.

Finalement, tout rentre dans l’ordre, ils se marrent en voyant une photo de notre voiture et nous laissent partir en nous gratifiant d’un chaleureux « Welcome to Georgia ! ».

Nous rejoignons notre Prestige chérie au fond de la cale du ferry, qui nous a sagement attendus coincée entre deux poids lourds et un train puis sortons par la grande porte du ferry dans une ambiance de tombée de la nuit embrumée digne des meilleurs tableaux de Turner (ou des meilleurs épisodes de Peaky Blinders, choisissez).


Nous nous perdons un peu dans le port industriel avant de trouver la sortie où nous sommes arrêtés par des douaniers (quelqu’un va-t-il enfin fouiller la Dacia ?!). Là encore, les douaniers sont sympathiques et, après deux trois coups d’œil amusés sur nos affaire de camping, nous laisse partir à la découverte de Poti. Géorgie, à nous trois !

Commentaires

  1. Jeudi 31 juillet donc...C'est bien, je vous imagine ainsi complètement débranchés, hors du temps, les mois valsent quant on en a exceptionnellement plusieurs en stand by devant soi.
    C'est réellement un temps de voyage durant lequel les jours sont vécus sans compter.

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  2. Si c'est toi Dorothée sur la photo, tu as bien changé. Serait-ce à cause de l'Ukraine ? Bizarre, généralement c'est l'effet inverse ;)

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