Ukraine -> Géorgie : départ en ferry

L’achat des billets

Lundi 28 août : nous nous rendons au siège de la compagnie à Odessa pour payer nos billets et pour que Vlad nous explique, dans un mélange d’anglais, d’allemand et de russe, la procédure. Pour nous expliquer où se fait l’embarquement, il nous montre des photographies sur son PC que nous devons photographier avec nos portables. Original mais efficace ! Les billets nous semblent assez cher (environ 500 € en tout) mais c’est en réalité assez peu compte tenu de la prestation : nourris, logés, blanchis avec une place pour la voiture dans le bateau sur plus de 1000 km, deux jours et deux nuits.

Le lendemain, mardi 29 août, nous faisons quelques provisions d’eau et de nourriture puisque nous avons lu que le ferry pouvait être bloqué en mer et que l’équipage ne prévoyait pas nécessairement assez d’eau et de nourriture. Cette information nous avait été donnée par un blog (Katie Aune) et nous n’avons pu la vérifier puisque nous n’avons finalement pas vraiment eu de retard. Ce qui s’est par contre vérifié, c’est que nous avons gloutonné nos réserves de nourriture en plus des 3 repas par jour du bateau…

Après avoir déjeuné dans un charmant restaurant les pieds dans l’eau pas très loin du port (et d’un parc dédié à la résistance des Ukrainiens pendant la seconde guerre mondiale avec les traditionnels canons escaladés par les enfants et photographiés par les amoureux), nous nous dirigeons vers Tchernomorsk, le port industriel d’Odessa.

Ambiance méditerranéenne

Villa d'un apparatchik?

La bonne méduse de la mer noire...

 Première étape : payer le billet de la voiture dans une agence de la compagnie, un building moderne en toc (le seul building moderne de toute ville selon Vlad), car il faut payer le billet pour les passagers à Odessa et le billet pour la voiture à Tchernomorsk…

L’embarquement

Le billet de la voiture payé, nous nous rendons au terminal des ferrys. Depuis la route vers la ville de Tchernormorsk, il faut prendre une improbable sortie sur une route complétement défoncée (genre tarmac d’aéroport saupoudré d’impacts) au milieu de terrains vagues et de voies de chemin de fer semblant inutilisables (nous réaliserons ensuite qu’elles ne sont pas du tout désaffectées).

Nous arrivons alors devant une sorte de bâtiment préfabriqué ayant bien 50 ans semblant correspondre à la photo prise sur l’écran de Vlad (cf. ci-dessous). Il s’agit vraisemblablement du poste de douane. Nous rentrons et sommes accueillis par une dame revêche qui nous dit (en russe, naturellement) d’attendre. Après avoir pris une glace dans une cafétéria sans fenêtre dans lequel attendent des personnes ayant vaguement des têtes de touristes, nous allons montrer nos papiers à la dame de l’accueil. A ce moment, un homme sans uniforme sort d’une magnifique Lada Samara et se balade en disant « Dacia, Dacia, Logan, Dacia ». Antoine l’intercepte en lui montrant notre Dacia et l’homme nous fait alors signe de le suivre.

L’homme en question parle anglais et, de ce que nous comprendrons ensuite, est un employé de Ukr Ferry chargé de faciliter notre embarquement. Il nous dit de passer une espèce de portique de douane avec, sur le sol un long trou (comme ceux visibles dans les garages pour travailler sous la voiture). Antoine passe le trou doucement avec l’aide de Dorothée. Un homme passant par là vient à notre rencontre et fait signe à Antoine d’accélérer un grand coup en allant tout droit avec un sourire semblant signifier « toi petit français tu n’as pas beaucoup de c… ».

Après le portique et une guitoune dans laquelle une dame pose un tampon sur des photocopies de nos papiers, l’homme à la Lada nous fait signe de le suivre. Il monte alors dans sa Lada et met le pied au plancher à travers une espèce d’immense tarmac servant de parking pour des poids lourds. Nous réussissons à le suivre et arrivons en vue de notre ferry, le Vilnius Seaways. Une photo de notre première vision du Vilnius Seaways est ci-dessous, c’est une des seules car il était interdit de prendre des photos.

Nous garons la Dacia et attendons les instructions de l’homme Lada. Il nous intime de rester là et de ne pas prendre de photos. C’est dommage car nous sommes plongés dans une ambiance d’immense port industriel soviétique vibrant du trafic de trains, camions, machines en tous genres embarquant dans notre Vilnius Seaways sous l’œil de militaires ukrainiens (l’embarcadère et le bateau ont des rails permettant aux trains de marchandises d’entrer dans le ventre du ferry).

Notre bateau nous attend !

Les rails permettent aux trains d'embarquer directement dans la cale du ferry

Après quelques dizaines de minutes d’attente, des jeunes hommes en uniforme noir tournent autour de la Dacia. Antoine s’approche et comprend qu’il s’agit de douanier « custom control ». Nous avons en tête les histoires de corruption et nous attendons à tout moment qu’il nous demande un bakshish. Il n’en est rien, il fait le tour de la voiture, nous fait ouvrir le capot et le coffre et nous demande si nous avons de la drogue, de l’alcool ou des médicaments. Nous disons oui pour l’alcool et les médicaments et montrons la bouteille de Crémant qu’il nous reste de notre mariage. Cela semble convenir au douanier et nous passons cette étape sans encombre.

Nous faisons ensuite quelques aller retour dans un bâtiment (genre tour de contrôle pour bateaux) de la douane ukrainienne. Pour le « passport control », nous avons le droit à un entretien dans un bureau un peu flippant mais tout se passe bien et nos passeports ont le droit à un joli tampon de sortie par bateau, collector !

Nous embarquons alors à pied dans le bateau avec quelques bagages et prenons possession de notre cabine. La cabine, un petit 10m2, est plutôt confortable avec sa salle de bain, ses lits superposés et sa fenêtre (photo)

Rampe amovible dans la cale du Ferry

Commence alors une longue attente pendant laquelle le ferry est chargé. Nous assistons au chargement des camions sur les deux ponts du Vilnius Seaways. La scène est cocasse, les poids lourds font leurs manœuvres sous les yeux des chauffeurs des poids lourds déjà garés. L’habilité des chauffeurs est bluffante et les camions s’encastrent comme dans Tetris.

La Dacia est seule sur le quai, et nous la voyons, toute petite, depuis le bateau en espérant que ce sera bientôt notre tour. En déambulant dans les coursives, des membres de l’équipage nous signifient qu’il est temps d’aller rentrer la voiture (nous n’avions qu’une crainte, ne pas entendre ce message et voir le bateau partir sans notre Dacia). Nous rentrons la Dacia en même temps que les trains rentrent dans le Vilnius Seaways, Antoine est subjugué par toutes ces machines !


La Dacia est sur la photo, mais où???

Ahahah, Boris arrive pas à faire son créneau!


Tetris!

Chargement des trains

Un petit plongeon (les points sont des grosses méduses...)


Après quelques heures d’attente passée sur le pont à regarder le soleil se coucher sur le port avec une bière et un premier repas tout à fait correct, le Vilnius Seaways quitte doucement le quai. Nous traversons alors de nuit le grand port de Tchernomorsk en pleine effervescence. Les scènes sont incroyables et se passent de commentaires.

Une Baltika (bière russe) et c'est parti!

Chargement nocturne


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